Portrait - Siqiang XIAN
« La Chine et la réintégration dans l’ordre commercial international : une perspective européenne (1979-2001) »
Doctorant en histoire contemporaine à Sorbonne Université sous la direction de Laurent Warlouzet, je consacre mes recherches à l’histoire des relations économiques et commerciales entre la Chine et l’Europe à la fin du XXe siècle. Mon intérêt pour ce sujet est né de la volonté de mieux comprendre les transformations de l’ordre économique international après la guerre froide ainsi que le rôle joué par les acteurs européens dans l’intégration progressive de la Chine au système commercial multilatéral.
Mon parcours académique s’est construit autour de l’histoire des relations internationales, de l’histoire économique et de l’histoire de l’intégration européenne. Au cours de mon Master à Sorbonne Université, j’ai étudié les négociations entre la Chine et la Communauté économique européenne (CEE) relatives à la réintégration de la Chine dans le GATT entre 1986 et 1994. Ce premier travail de recherche m’a permis d’explorer les archives européennes et britanniques consacrées aux relations sino-européennes et de mettre en évidence l’importance du rôle joué par les institutions communautaires et les États membres dans les négociations commerciales internationales. Cette réflexion constitue aujourd’hui le point de départ de ma recherche doctorale.
Ma thèse, intitulée provisoirement « La Chine et le retour à l’ordre commercial libre du point de vue européen (1979-2001) », analyse la manière dont les acteurs européens ont accompagné le retour de la Chine dans l’économie mondiale depuis les réformes engagées à la fin des années 1970 jusqu’à son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001. L’objectif est de replacer l’Europe au cœur d’une histoire souvent étudiée principalement à travers les relations sino-américaines.
La période étudiée couvre les années 1979-2001, marquées à la fois par l’ouverture économique chinoise, l’approfondissement de l’intégration européenne et la transformation du système commercial international. Mon espace d’étude se situe à l’intersection de la Chine, de la Communauté européenne puis de l’Union européenne, tout en intégrant les organisations internationales et les autres grandes puissances impliquées dans les négociations commerciales. Le corpus repose principalement sur des archives diplomatiques, administratives et économiques conservées au Royaume-Uni, en France et au sein des institutions européennes.
La question centrale qui guide ma recherche est la suivante : comment les Européens ont-ils participé à la réintégration de la Chine dans l’ordre commercial multilatéral, et dans quelle mesure cette intégration est-elle demeurée encadrée par des considérations politiques, stratégiques et sécuritaires ? À travers cette interrogation, je cherche à montrer que les relations économiques sino-européennes ne peuvent être réduites à une simple logique d’ouverture des échanges. Elles sont également façonnées par des enjeux liés à la sécurité, aux droits de l’homme, aux équilibres géopolitiques, aux débats sur Hong Kong ou Taïwan, ainsi qu’aux intérêts divergents des États membres européens.
Cette recherche s’inscrit dans plusieurs débats historiographiques actuels. Elle contribue à l’histoire de la mondialisation en étudiant le retour d’une grande puissance dans les institutions économiques internationales. Elle participe également au renouvellement de l’histoire des relations entre l’Europe et la Chine en mettant l’accent sur les mécanismes de négociation et de gouvernance économique plutôt que sur les seules relations diplomatiques. Enfin, elle interroge la place de l’Europe dans la construction de l’ordre international contemporain et les capacités d’action de ses institutions face aux grandes mutations économiques mondiales.
Mon approche est principalement historique, mais elle emprunte également à l’histoire économique et à l’histoire des relations internationales. J’accorde une attention particulière aux interactions entre les différents niveaux de décision – communautaire, national et international – ainsi qu’aux processus de négociation qui structurent les relations économiques entre la Chine et l’Europe. Cette perspective permet de mieux comprendre les dynamiques de coopération, mais aussi les tensions qui accompagnent l’approfondissement de l’interdépendance économique.
L’Initiative Europe joue un rôle déterminant dans mon parcours doctoral. En tant que doctorant financé par l’Initiative Europe, je bénéficie d’un soutien qui me permet de consacrer pleinement mon temps à mes recherches et à l’exploitation de fonds d’archives situés dans différents pays européens. Ce financement constitue un appui essentiel pour le développement d’un projet qui repose sur l’analyse de sources dispersées entre les institutions européennes, les administrations nationales et les organisations internationales.
Au-delà de cet accompagnement financier, l’Initiative Europe représente pour moi un environnement scientifique particulièrement stimulant. Les séminaires, ateliers et rencontres auxquels j’ai participé m’ont permis d’élargir mes perspectives de recherche en découvrant des travaux consacrés à l’histoire de l’intégration européenne, aux politiques publiques, aux relations extérieures de l’Union européenne, à la production de l’expertise administrative ou encore aux défis contemporains auxquels l’Europe est confrontée. Ces échanges m’ont aidé à replacer mon sujet dans des questionnements plus larges portant sur la gouvernance européenne, la mondialisation et les relations internationales.
L’un des apports les plus précieux de l’Initiative Europe réside également dans les échanges réguliers avec des chercheurs issus de disciplines différentes – histoire, science politique ou philosophie. Cette dimension interdisciplinaire m’encourage à confronter mes méthodes et mes problématiques à d’autres approches et enrichit directement ma réflexion sur les mécanismes de gouvernance économique internationale. L’Initiative Europe contribue ainsi à mon intégration au sein des réseaux de recherche européens et constitue un cadre privilégié pour développer de futures collaborations scientifiques.
À plus long terme, je souhaite poursuivre mes recherches sur l’histoire des relations économiques entre la Chine et l’Europe et contribuer au développement d’un champ encore relativement peu exploré en France : l’histoire des relations économiques et commerciales sino-européennes. Mon ambition est de devenir spécialiste de ce domaine et de participer au renforcement des échanges académiques entre les communautés scientifiques chinoise et française. À travers mes recherches, mes publications et mes futures collaborations internationales, je souhaite contribuer à une meilleure compréhension historique des interactions entre la Chine et l’Europe, dans un contexte où ces relations occupent une place centrale dans les débats économiques, politiques et stratégiques contemporains.
Source image : Chinese leader Deng Xiaoping with the European Commission president Jacques Delors on Feb 23, 1979. China Daily
Siqiang XIAN, doctorant en histoire contemporaine
« La Chine et la réintégration dans l’ordre commercial international : une perspective européenne (1979-2001) »
Encadré par Laurent Warlouzet (Sorbonne Université)
Institution de rattachement :
Sorbonne Université – École doctorale d’Histoire moderne et contemporaine (ED 188)
SIRICE (Sorbonne – Identités, Relations internationales et Civilisations de l’Europe)
Discipline(s) : Histoire contemporaine, Histoire des relations internationales, Histoire économique, Histoire de l’intégration européenne, relations sino-européennes
Europe contemporaine