L’antiesclavagisme : un idéal cosmopolite ? (1730-1830)
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Du 18 juin. 2026 au 19 juin. 2026
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09:00 - 17:00
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Europe des Lumières
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Jeudi 18 juin 2026 : BnF site Richelieu, Salle des conférences
Vendredi 19 juin 2026 : Amphithéâtre Delmas-Marthy, Collège de France
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Gabriel Darriulat
Présentation
Liée à la mondialisation des échanges commerciaux et à l’expansion des empires coloniaux, la diffusion de l’esclavage colonial a contribué à remettre en question la pertinence du cadre national dans les débats politiques. Qu’il s’agisse de la révolution haïtienne ou de l’appel au boycott des produits coloniaux, la plupart des événements et des décisions politiques étaient pensés en fonction de leurs répercussions à l’échelle mondiale.
Longtemps centrée sur le cas britannique, l’historiographie s’est progressivement ouverte à la dimension transnationale de la lutte contre l’esclavage colonial. Aujourd’hui, l’antiesclavagisme apparaît comme un mouvement d’ampleur mondiale, qui s’est diffusé non seulement en Europe et aux États-Unis, mais aussi dans les Caraïbes, en Amérique latine et en Afrique. La conscience et la dimension mondiale du combat contre l’esclavage sont-elles liées à la défense d’un idéal cosmopolite ?
La question se pose d’autant plus que l’esclavage colonial et la traite, qui atteignent un point culminant à la fin du XVIIIe siècle, incarnent plus que tout autre phénomène les contradictions de l’expansion de l’horizon du monde. En effet, la domination et l’exploitation d’une partie de l’humanité par une autre semblent rendre impossible l’émergence d’une communauté mondiale, morale et politique, enracinée dans l’idée d’une commune humanité, qui est au coeur de l’idéal cosmopolite.
Le colloque international, qui se tiendra les jeudi 18 et vendredi 19 juin 2026 (respectivement à la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, et au Collège de France), poursuit trois objectifs principaux. Il s’agira, premièrement, d’évaluer la place et les enjeux de la mobilisation de l’idéal cosmopolite dans les débats sur l’esclavage colonial. Deuxièmement, il conviendra d’analyser les contradictions internes de l’antiesclavagisme, entre la revendication de l’égale dignité de tous les êtres humains et une approche différenciée des processus d’émancipation, fondée sur une vision hiérarchisée du monde. Enfin, nous montrerons comment l’étude de la diversité des mouvements antiesclavagistes à travers le monde permet de défendre une approche plurielle du cosmopolitisme, qui rompt avec son identification exclusive à la tradition philosophique occidentale.
Intervenants
ACKERMANN-KOENIGS Mathilde, Bielefeld University | EHESS | IHA Paris
BESSONE Magali, Université Paris I Panthéon Sorbonne
CABOT Andy, Université Polytechnique Hauts de France – Valenciennes
DARRIULAT Gabriel, Collège de France | Bibliothèque nationale de France
FERRADOU Matthieu, Université Paris Nanterre
HOQUET Thierry, Université Paris Nanterre
PITTS Jennifer, Université de Chicago
RENARD Nils, Université Paris I Panthéon Sorbonne
ROSSI Benedetta, University College de Londres
SPIELER Miranda, The American University of Paris
TUCCILLO Alessandro, Université de Turin
VIDAL Cécile, EHESS
Source image : Georges Morland, Slave Trade (Execrable Human Traffick, or The Affectionate Slaves) c. 1788.
Collection of the Smithsonian National Museum of African American History and Culture. Domaine public.
Ce projet est organisé en partenariat avec le Collège de France, l'Initiative Europe de Sorbonne Université et la Bibliothèque nationale de France.